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Aujourd’hui nous vous présentons, Michel, éleveur de vaches laitières depuis 25 ans et président d’Alsace Lait.

Présentez-vous ?

Bonjour, je m’appelle Michel. J’ai une exploitation en GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) avec 130 vaches laitières dans la commune de Jetterswiller. Je suis également le président Alsace lait. J’ai fait toute ma carrière dans le lait… Cela fait plus de 40 ans que j’évolue dans le domaine, et que je fais de ma passion mon métier.

D’où vous est venue la passion pour le lait ?

Ha la passion pour le lait, je pense qu’il faut l’avoir dès le plus jeune âge. Comme Obélix, on peut dire que je suis tombée dedans étant petit. Mes parents avaient déjà une exploitation laitière, j’ai grandi au milieu des animaux. Naturellement j’ai eu envie d’en faire mon métier.

Si j’aime beaucoup les bêtes, je dois aussi avouer que notre situation géographique dans les sous collines vosgiennes ne nous permet pas beaucoup de choix. En effet, sur 180 hectares, 80 hectares sont en herbes. Donc pour valoriser l’herbe, la production laitière est celle qui s’adapte le mieux. Vous savez une exploitation c’est aussi un contexte économique. Ce n’est pas pour rien si aujourd’hui la majorité des producteurs encore sur le village sont en production laitière. On aime les animaux mais cela doit aussi nous permettre de vivre.

Alsace Lait cooperative laitiere

Selon vous quelles sont les qualités nécessaires à votre métier ?

Premièrement la passion… C’est un métier passion !

Ensuite la patience … Vous savez dans le milieu agricole, on sème et on laisse passer une année avant de récolter. Dans la production laitière c’est la même chose. Vous commencez par avoir une vache, qu’il faut ensuite inséminer. Puis il faut attendre 9 mois pour avoir un veau qu’il faudra élever… C’est un processus long.

Etre persévérant : En effet, le contexte économique est difficile. Pendant 30 ans notre production a été régie par le système des quotas… Cela avait quelque peu stabilisé les marchés. Aujourd’hui nous sommes dans une instabilité économique.

Avez-vous un conseil à donner à un jeune qui voudrait s’installer ?

Je pense qu’ils auront de meilleures années devant eux que nous.

La planète terre continue de se peupler, et tout le monde a besoin de manger. Le chinois, l’américain, l’africain, tout le monde mange pareil. Le lait, la viande et la céréale resteront le pilier de l’alimentation mondiale. Même si on parle aujourd’hui de vegan par exemple, ils ne mangeront jamais de l’herbe.

On a doublé la population mondiale en 30 ans, nous sommes aujourd’hui 7,5 milliards. Le besoin alimentaire en lait est de 1 à 1,5% de plus par an au niveau mondial.

Les jeunes générations qui arriveront dans le milieu agricole profiteront de cet effet volumique.

Pouvez-vous nous raconter votre journée type ?

Une journée type démarre vers 7H du matin avec la traite. Puis on s’occupe de l’alimentation et des soins des bêtes, puis des petits veaux (nous avons des naissances très régulièrement).

Ensuite, selon la période de l’année, on s’occupe des travaux des champs (ensilage, foin, traitement cultures…). Chacun a son rôle.

Notre journée type n’est jamais monotone, mais elle est fortement dépendante de la météo. Selon qu’il pleuve ou non on change notre programme. On marche avec les saisons, ce qui est très agréable. On ne va pas couper de l’herbe quand on sait qu’il va pleuvoir demain… C’est toute une organisation.

La journée type se termine en général vers 19h30 après la seconde traite.

La traite

En tant qu’éleveurs de vaches laitières, vous êtes plutôt lait entier ou lait écrémé ?

Hahaha… Je crois que ma femme fait un peu de beurre en ce moment. Donc ça doit être du lait demi écrémé que nous buvons. Elle écrème un peu quoi …

On aime bien aussi le fromage qu’on fait encore à la ferme… Elle utilise alors du lait entier. Vous savez le goût du lait est dans la crème !

 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter ?

J’ai 60 ans… Qu’est-ce que vous pouvez me souhaitez ? De ne pas être malade, de pouvoir travailler tous les jours… D’être heureux dans le milieu ! Et que les prix du lait se portent mieux.

 

Merci Michel ! Découvrez Mathieu, éleveur de vaches laitières sur une exploitation familiale.